

Violences faites aux femmes
Par Gilles DELEUZE l LNC Rédacteur en chef adjoint de LNC
(Bangui, le 23 Mars 2026 | LAMINE MEDIA) Malgré les beaux discours des politiciens et les lois sur l'égalité hommes-femmes, au quotidien, les femmes vivent difficilement en République Centrafricaine. Souvent battues par les hommes, confinées à la cuisine et aux tâches ménagères, on peut dire qu'à ce niveau, le pays vit encore au moyen âge. Et c'est un pays légalement polygame (voir le statut matrimonial de Touadéra, avec ses femmes et maîtresses), en exemple à Mongoumba, dans la Lobaye, les femmes continuent de subir, de manière répétée, des violences basées sur le genre, en dépit du bruit officiel sur le respect des femmes. Ces actes de violence, majoritairement commis au sein du foyer par des hommes, s’inscrivent dans le quotidien de nombreuses victimes et sont perçus comme une pratique normale, voire tolérée dans certains milieux sociaux. Quasi-quotidiennement, battues, humiliées, privées parfois de leurs droits les plus élémentaires, ces femmes subissent des violences répétées au sein de leur propre foyer. Naomie, une victime raconte son calvaire : « ça fait aujourd’hui quelques jours que mon mari m’a frappé parce que le repas n’était pas encore prêt, alors qu’il ne m’avait même pas donné un franc avant d’aller boire. Si je suis encore chez lui, c’est à cause de mes enfants, sinon j’aurais regagné mes parents ». Et des témoignages similaires, il y'en a des dizaines et des dizaines Selon les témoignages recueillis au quartier Campagnie 2, les principaux facteurs de ces violences faites aux femmes demeurent la consommation de d’alcool. Rachelle, mère de quatre enfants, affirme avoir quitté son mari pour échapper à cette situation, car d’après elle, les épisodes de violence survenaient souvent après la consommation d’alcool : « Je me suis séparée de mon mari il n’y a pas longtemps à cause de son comportement. À chaque fois qu’il boit, il devient violent. Quand il ne boit pas, je suis en paix, mais avec ce rythme, où vais-je? Je ne suis pas son esclave. J’ai l’impression qu’ici, les hommes n’ont pas d’estime pour les femmes ». Devant cela, Huguette Nzangbélé, présidente de l’OFCA de Mongoumba, lance un appel aux autorités pour une intervention urgente (elle rêve) : « Je reçois régulièrement des plaintes de femmes concernant les violences. Je les conseille parfois ou les accompagne dans des démarches juridiques afin que leurs maris soient sanctionnés et puissent se ressaisir. Mais malgré cela, ils persistent. J’aimerais que l’État mette en place des brigades spécialisées pour traiter ce type de problème dans notre communauté. C’est trop ». Histoire de cracher dans la mer, précisons que, la très controversée Constitution du 30 août 2023, stipule dans son Article 14, que l’État doit lutter contre les violences faites aux femmes. Baratin quoi !
For: LAMINE MEDIA
Date: March 23, 2026
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