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Marathon budgétaire sous tension à l'Assemblée
Par Isabella Luisa CAPELLI l LAMINE MEDIA
(Bangui le 4 Octobre 2026 l LAMINE MÉDIA) La deuxième session ordinaire de l’année législative s'est officiellement ouverte, plongeant les députés centrafricains dans un marathon de trois mois. Jusqu’au 29 décembre 2026, les élus de la nation auront la lourde tâche de disséquer, d’interroger et de voter les choix budgétaires de l’État. Au cœur des débats : le passage historique au « budget-programme » pour l’année 2027, mais aussi un sérieux rappel à l'ordre institutionnel.
C’est le rendez-vous le plus crucial de l'année pour les finances publiques de la République Centrafricaine. Durant près de quatre-vingt-dix jours, l’hémicycle de Bangui va vibrer au rythme des discussions de « gros sous ». Cette session, essentiellement budgétaire, doit déterminer la trajectoire économique du pays pour l’exercice 2027, avec des ambitions de croissance projetées à 2,7 % et une inflation contenue à 3,3 %.
À peine ouverte, cette session s'est ouverte sur une mise au point politique majeure. Le président de l’Assemblée nationale, Mathieu Simplice Sarandji, a publiquement déploré le retard récurrent du gouvernement de Félix Moloua dans le dépôt du Projet de Loi de Finances.
Selon les textes en vigueur, la copie budgétaire aurait dû être sur la table des députés au plus tard le 15 septembre. Un manquement constitutionnel qui, selon le chef du perchoir, ampute le temps d’analyse nécessaire aux élus pour contrôler rigoureusement l’action publique. Le ton est donné : les députés n’entendent pas jouer les chambres d'enregistrement.
Au-delà des frictions politiques, l’année 2027 marque un tournant technique et stratégique majeur pour la RCA. L'État abandonne définitivement l’ancienne nomenclature budgétaire pour basculer vers le système du « budget-programme ».
Désormais, l’argent public ne sera plus alloué par enveloppes globales et opaques aux ministères. Chaque franc CFA dépensé devra être directement lié à des objectifs de performance précis et mesurables. Cette réforme, cruciale pour la transparence, vise avant tout à rassurer les partenaires financiers internationaux et à optimiser l'impact des services publics sur le quotidien des Centrafricains.
Les quatre priorités dans le viseur des députés
D’ici le 29 décembre, les débats s’articuleront autour de quatre axes stratégiques majeurs :
• La souveraineté fiscale : Maximiser la collecte des recettes douanières et intérieures pour réduire la dépendance aux aides extérieures.
• La relance économique : Flécher les investissements vers les secteurs clés de l'agriculture, des mines et de la foresterie.
• L'apurement des dettes : Payer les arriérés intérieurs de l'État pour redonner de l'oxygène aux entreprises locales et relancer le secteur privé.
• La modernisation parlementaire : Profiter de cette session pour accélérer la transition numérique des méthodes de travail au sein même de l'Assemblée.
La période qui s'ouvre s'annonce donc particulièrement dense. Entre l'urgence de redresser l'économie nationale et l'exigence de transparence, les parlementaires ont moins de trois mois pour offrir à la République Centrafricaine le budget de ses ambitions.
For: LAMINE MEDIA (in FR and GB).
Date: October 4 2026
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