Relance possible de la SOCATEL

Par Mathilde LERAT l LNC

(Bangui, le 19 Juillet 2026 | LAMINE MÉDIA) Le gouvernement Centrafricain a annoncé le lancement de la mise en œuvre du protocole d’accord signé en septembre 2025 avec la société américaine Greenline Technologies pour la reprise et la transformation de la SOCATEL, opérateur historique, confronté à des difficultés depuis plusieurs années. Cette initiative était au cœur d’une réunion tenue Jeudi 16 juillet entre le ministre de l’Économie numérique, des Postes et Télécommunications, Roger Andjalandji, et Max Sicari, vice‑président des opérations de Greenline Technologies. Selon le gouvernement, cette rencontre concrétiserait le passage à une phase opérationnelle du mémorandum d’entente signé à Casablanca, en marge de la Table ronde de mobilisation des financements du Plan national de développement (PND) 2024‑2028. De sources bien informées comme on dit, le partenariat prévoit un investissement annoncé de 150 millions de dollars pour moderniser les infrastructures et les services de la SOCATEL, bâtir un data center Tier 3 et déployer un écosystème de connectivité à l’échelle nationale. Ceci dit, le partenariat avec Greenline Technologies n’est pas la première initiative engagée pour tenter de remettre la SOCATEL sur pied. Déjà en Novembre 2020, le gouvernement Centrafricain avait conclu un accord avec la société française Global Technologies afin de restaurer et moderniser certaines infrastructures historiques de l’opérateur. Si l'on suit bien les choses, ce projet devrait permettre de réhabiliter l’ancien réseau de faisceau hertzien de la société publique, construit plusieurs décennies auparavant, afin d’en faire un réseau de secours complémentaire à la fibre optique. « Ce réseau sera considéré comme un back‑up au réseau de la fibre optique », explique Jean‑Paul Steinitz, président du groupe Global Technologies. Toutefois, cette initiative nécessite un financement estimé à 20 millions d’euros avant le lancement des travaux. Mais depuis cette annonce, aucune communication publique détaillée n’a permis d’évaluer l’état d’avancement ou les résultats concrets de ce partenariat. Même que récemment, les autorités Centrafricaines avaient évoqué une possible coopération avec la Russie pour accompagner la restructuration de l’opérateur historique. Les difficultés de la SOCATEL remontent à la fin des années 1990 et au début des années 2000, dans un contexte marqué par plusieurs crises politico‑sécuritaires. Les infrastructures de l’opérateur ont été affectées par ces périodes d’instabilité, fragilisant davantage une entreprise déjà confrontée à d’importantes contraintes financières. En plus, en 2005, le retrait de France Câbles Radio, filiale de France Télécom, du capital de l’entreprise pour créer Orange Centrafrique a également marqué un tournant pour l’opérateur historique, alors que le marché télécom Centrafricain s’ouvrait progressivement à la concurrence privée. Plus des fragilités internes liées à la gouvernance et au fonctionnement de l’entreprise. Des critiques ont régulièrement porté sur la gestion de l’opérateur télécoms, avec des interrogations sur la gouvernance, des tensions sociales et l’accumulation d’arriérés de salaires. Bref, un rapport sur la performance des entreprises publiques centrafricaines publié en 2021 relevait ainsi que la SOCATEL évoluait dans un marché transformé par l’essor des opérateurs mobiles, tout en restant principalement positionnée sur la téléphonie fixe à Bangui. On parlait d'infrastructures vieillissantes et d'un manque de moyens techniques, humains et financiers qui limitaient la capacité de l’opérateur à générer des revenus. Cependant, le partenariat avec Greenline Technologies est présenté comme loin d'être la solution idoine pour relancer la SOCATEL, car plusieurs éléments restent encore à préciser. Les parties doivent finaliser les accords définitifs de reprise, mettre en place un comité conjoint de pilotage et établir un calendrier de déploiement. À ce stade, difficile de déterminer le modèle exact retenu pour la transformation de l’opérateur historique, à savoir la structure de l’opération, la répartition des responsabilités entre l’État et Greenline Technologies ou encore les modalités de financement des investissements annoncés. Quel que soit le modèle retenu, l’entreprise publique devra trouver un positionnement viable dans un marché déjà structuré autour d’acteurs établis comme Orange Centrafrique, Telecel et Moov Africa. Ces opérateurs disposent d’une base d’abonnés, d’infrastructures et d’une expérience commerciale accumulées depuis plusieurs années. L’opérateur historique devra également tenir compte de l’arrivée de nouvelles solutions de connectivité, avec l’Internet par satellite proposé par des acteurs comme Starlink.

Merci au service économique et social de LAMINE MÉDIA Bangui pour l'aide informationnelle

For: LAMINE MEDIA (in FR and GB)

Date: 19 July 2026

x= x.com/...

Facebook = facebook.com/...

Copyright ©: 2013 - 2026 All rights reserved: LAMINE MEDIA

RECEVEZ NOTRE newsletter

contact@laminemedia.com

© 2025. LAMINE MÉDIA All rights reserved.