Le futur port de Mongoumba

Par Firmine YABADA l LNC

(Bangui, le 8 Janvier 2026 - LAMINE MEDIA) Le futur port de Mongoumba situé sur l’Oubangui, permettra d’améliorer la desserte commerciale de la capitale Bangui dans le cadre d’un corridor multimodal soutenu par la Banque africaine de développement. Le projet du port fluvial de Mongoumba, à l’étude depuis plusieurs années, est entré en phase active de réalisation. En toute fin de son deuxième mandat, Touadéra (68 ans), a posé le 10 Décembre dernier devant un parterre d’officiels et de responsables économiques la première pierre des travaux de construction de cette infrastructure. Le port de Mongoumba, qui fait face à la République démocratique du Congo (RDC) sur l’autre rive de l’Oubangui, est localisé à la frontière sud-ouest du pays, à une dizaine de kilomètres au nord du tripoint République centrafricaine – RDC – République du Congo. On peut y naviguer avec de petits bateaux de commerce ou des barges depuis Mongoumba jusqu’à Kinshasa et Brazzaville via l’Oubangui puis le fleuve Congo, la vocation de ce port est claire : renforcer la connectivité régionale dans une région où l’état du réseau routier est fortement dégradé. Mongoumba est située à environ 80 km à vol d’oiseau de la capitale Bangui, elle aussi située sur l’Oubangui, mais la liaison routière de 140 km entre ces deux points peut prendre des jours par camion tant la route est dévastée. Le port fluvial entre dans le cadre du projet du corridor de transport multimodal Pointe-Noire – Brazzaville – Bangui – N’Djamena. Ce dit « corridor 13 » fait partie du plan de développement des infrastructures de transport de la CEMAC (Communauté économique et monétaire de l’Afrique centrale) et de la CEEAC (Communauté économique des États de l’Afrique centrale). Il est aussi intégré dans le Programme pour l’Infrastructure en Afrique (PIDA) de l’Union africaine, d’où découle son numéro 13. La Banque africaine de développement (BAD), à travers ses guichets concessionnels du Fonds africain de développement et de la Facilité d’appui à la transition, a mobilisé pour le projet un don de 282 millions de dollars, qui sert aussi à financer des projets routiers cruciaux sur le même corridor, actuellement réalisés par le groupe chinois China State Construction Engineering Corporation. Après appels d’offres internationaux fait en octobre 2023, la construction du port a été confiée au groupement italo-égyptien Selip – Rowad, sous la supervision du groupement SCET Tunisie / Lege Engineering, pour une durée de 24 mois. Selon la BAD, ce port de Mongoumba constituera « un maillon stratégique du transport fluvial entre la République Centrafricaine et la République du Congo. Il doit renforcer la connectivité régionale, réduire les délais d’approvisionnement et l’inflation, améliorer l’attractivité pour le secteur privé et faciliter la gestion des flux entre transport fluvial et routier ». Plus grande que la France (623 000 km²) et faiblement peuplée (environ 6 millions d’habitants), la/le Centrafrique a traversé de 2012 à 2019 une guerre civile qui s’est quelque peu apaisée via des accords de paix, même si l’insécurité du pays reste assez générale. Dans un contexte de progressif retour à la normalité, Touadéra a lancé voilà plus de deux ans un Plan national de développement (PND) 2024-2028, dans lequel l’amélioration des infrastructures figure au premier chef. Ce plan a reçu 9 milliards de dollars de promesses de financement, soit trois fois son PIB nominal actuel (2,75 milliards de dollars, selon le FMI), lors d’une table ronde des investisseurs les 14 et 15 septembre 2025 à Casablanca, au Maroc. Les infrastructures routières et fluviales représentent ainsi environ 20 % des engagements reçus à Casablanca (1,8 milliard de dollars), avec pour but de désenclaver le pays, réduire les coûts logistiques de 30 % et booster le commerce régional au sein de la CEMAC. Ce vaste programme comprend la construction de 2 300 km de routes asphaltées et des ouvrages fluviaux sur la rivière Oubangui (dont ce port de Mongoumba), pour mieux connecter Bangui aux ports congolais. Avec un PIB par habitant de moins de 550 dollars par an, l’économie du pays, qui est sous programme du FMI, est pour l’essentiel informelle et demeure très vulnérable aux chocs externes et internes. Le FMI anticipe 3 % de croissance en 2026, soit à peu près le même niveau qu’en 2025, les investissements et financements du PND devant compter pour une large part de cette croissance. L’élection présidentielle centrafricaine (accompagnée de législatives) s’est déroulée le 28 décembre 2025 dans un calme relatif, en dépit du boycott d’une partie de l’opposition.

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Date: January 8, 2026

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