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La Ouaka, devenue le pays du miel et de l'ambroisie ?
Par Antoinette KODROGUÉ l LNC
(Bangui, le 24 Octobre 2026 | LAMINE MÉDIA) La Ouaka, très instable pendant des années, étant même considérée comme un bastion du groupe rebelle UPC, est selon le préfet de la Ouaka, Pascal Pamall, se confiant à des journalistes quasiment devenue le pays du miel et de l'ambroisie.
Commençons par situer cette préfecture. Elle est au centre-est de la République Centrafricaine, la Ouaka constitue une zone importante pour les activités économiques du pays.
Le préfet Pascal Pamall, affirme avoir parcouru plusieurs localités de sa préfecture pour s’enquérir des réalités du terrain, en appelant les populations à préserver la paix et à renforcer le vivre-ensemble. «Depuis mon arrivée dans la Ouaka, j’ai fait le tour des localités pour m’enquérir des situations qui prévalent. Les témoignages des populations montrent à suffisance que Bambari est loin de l’image d’une ville longtemps marquée par les conflits et les meurtres orchestrés par les groupes rebelles. Aujourd’hui, comme vous pouvez le constater, il y a la quiétude et les populations vaquent librement à leurs occupations quotidiennes », a-t-il dit.
Il en a profité pour lancer un appel aux fonctionnaires et agents de l’État affectés dans la Ouaka, mais qui ne sont pas encore à leurs postes, à rejoindre leurs lieux d’affectation afin de contribuer au relèvement économique de la préfecture, durement éprouvée par les crises successives.
Concernant Bambari la capitale de la préfecture, pour lui, tout va bien, les activités quotidiennes ont repris, la circulation des personnes et des biens y est plus libre, mais il concède un couac, c'est le secteur éducatif, car malgré la rentrée scolaire et la reprise des cours, certains établissements restent encore désertés en raison de l’absence d’enseignants à leurs postes et du manque d’assiduité de certains élèves, qui privilégient les activités génératrices de revenus au détriment de leur scolarité.
Mais malgré son optimisme béat, la Ouaka n'est pas soudainement devenue un havre de paix, certes, il y a des signes encourageants de retour à la stabilité, mais des efforts restent à faire, pour consolider la paix, assurer le fonctionnement régulier des services publics et relancer durablement le développement socio-économique de la Ouaka.
Face au décalage flagrant du préfet Pascal Pamall, les réactions au sein de la population locale oscillent généralement entre l'exaspération profonde, la résignation fatiguée et l'ironie. Pour les habitants de la Ouaka, les discours triomphants de l'autorité administrative ne correspondent absolument pas au quotidien réel du terrain.
Les perceptions se cristallisent autour de plusieurs sentiments bien précis :
• Un sentiment de mépris et de déni : Pour les commerçants, les agriculteurs et les familles qui subissent le racket routier, l'insécurité résiduelle ou l'enclavement économique, entendre le préfet affirmer que la région a définitivement « retrouvé la quiétude » est vécu comme une insulte. Les gens ont l'impression que leurs souffrances réelles sont invisibilisées pour servir des intérêts politiques.
• La lassitude face aux "effets d'annonce" : Les habitants ont l'habitude de voir défiler les préfets (comme Victor Bissekoin avant lui) qui tiennent tous exactement le même script rassurant. La population sait pertinemment que ces sorties médiatiques visent avant tout à satisfaire le gouvernement central à Bangui pour montrer que « l'autorité de l'État se déploie avec succès ».
Dans les discussions à Bambari ou sur les réseaux sociaux centrafricains, les déclarations de Pamall sont régulièrement tournées en dérision. L'expression de son "optimisme béat" est devenue une sorte de plaisanterie locale : les gens se demandent ironiquement de quelle préfecture parle le préfet lorsqu'il s'exprime, tant sa description ressemble à un monde parallèle.
Plus le préfet insiste sur une paix totale, moins les messages importants (comme les appels à la cohésion sociale ou à la vigilance) passent auprès des jeunes et des leaders communautaires. La parole officielle est largement démonétisée, la population préférant se fier aux rapports de terrain des ONG ou à la réalité des marchés et des routes pour évaluer la vraie situation.
For: LAMINE MEDIA (in FR and GB)
Date:24 October 2026
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