La production artisanale d’huile de palme

Par Marie VERGEAUX l LNC

(Bangui, le 3 Avril 2026 | LAMINE MEDIA) On a beau faire des discours, et des promesses dans le vide, en République Centrafricaine, le taux de chômage reste très élevé, (6,30 % en 2025), et la fermeture de Centrapalm qui en résorbait pas mal, continue de raviver les débats mais réveille la production artisanale d’huile de palme, comme au village de Bossongo centre, un village situé à 50 km au sud-ouest de Bangui, en Lobaye. Perçue comme une réponse au chômage, cette activité redonne espoir à de nombreux jeunes, leur permettant de subvenir aux besoins de leurs familles. Toutefois, malgré son importance dans l’économie locale, les producteurs sont confrontés à de sérieuses difficultés. C'est sous une chaleur intense, pieds nus sur une terre brulante, que les jeunes de Bossongo s’activent sans relâche à la production artisanale de l’huile de palme. Pendant que certains tournent un mécanisme en bois pour broyer les noix de palme, d’autres se penchent avec soin sur l’extraction de l’huile elle même. Éric Teketa, un tâcheron, décrit le processus de la production : « Après avoir rassemblé les noix de palme, nous les plaçons quelques minutes sur le feu avant de les mettre dans la machine pour les tourner et extraire l’huile. Ce travail manuel est extrêmement dangereux, car nous œuvrons sous un soleil de plomb et nous pouvons passer toute une journée à proximité des flammes ». Pour Syntiche Kofekona, une commerçante, venue s’approvisionner, c’est grâce au travail acharné des ouvriers sur ce site de production artisanale qu’elle continue à fournir à ses clients de l’huile de palme de qualité : « Sans le dévouement des artisans ici, je ne pourrais pas approvisionner mes clients ni garantir une huile de palme fiable. Leur savoir-faire est le véritable moteur de mon activité après la fermeture de la société Centrapalm ». Comme on le voit, plus qu’un simple commerce pour ces familles, cette activité représente une source stable de revenus essentiels. Comme le confirme Parfait Bonaventure Yangago : « Ce travail m’a permis, depuis sept ans, de prendre soin de ma famille. Parfois, dans la journée, nous pouvons produire trois à quatre fûts d’huile de palme, selon la quantité de noix que nous recevons de nos clients ». Précisons que l’huile de palme est l’une des denrées les plus consommées en Centrafrique, mais que le secteur reste encore largement artisanal. Conséquence, la population locale aimerait bien une production industrielle, mais ça !.

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Date: April 3, 2026

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