Procès dit de Bossembélé; la parole à l'accusation

Par Karen Ann SULLIVAN l LNC

(Bangui, le 19 Juin 2026 | LAMINE) La Cour Pénale Spéciale (CPS), vient d'annonser ses accusations contre François Bozizé (jugé par coutumace), Vianney Semndiro, Firmin Junior Danboy et Eugène Ngaïkoiss et ils sont poursuivis pour des faits qualifiés de crimes contre l’humanité qui auraient été commis entre février 2009 et mars 2013 dans plusieurs localités du pays, comme Bangui, Bouar et Bossembélé. Durant l’audience sur l’exposé des faits, le parquet a présenté François Bozizé, comme la figure centrale de ce dossier judiciaire. car c'était lui qui exerçait simultanément les fonctions de chef de l’État et de ministre de la Défense, donc, disposait d’un contrôle direct sur le centre d’instruction militaire de Bossembélé, présenté comme un lieu de détention destiné à des personnes considérées comme des opposants au régime. Le parquet soutient que des arrestations, détentions et actes de violence auraient été ordonnés ou tolérés dans ce cadre. Parmi les faits évoqués figurent notamment l’assassinat de Charles Massi, coordonnateur de la Convention des patriotiques pour la justice et la paix (CPJP), ainsi que celui de Hassan Ousmane, accusé à l’époque de liens avec des groupes rebelles. L’accusation évoque aussi l’arrestation de plusieurs personnes soupçonnées d’implication dans l’incendie du supermarché Rayan en 2010 ainsi que celle de cinq agents des douanes affectés à Bouar. Selon le ministère public, ces détenus auraient ensuite été transférés à Bossembélé où ils auraient subi des conditions de détention particulièrement difficiles, marquées par des actes présumés de torture et de mauvais traitements. En conséquence, la CPS retient contre François Bozizé plusieurs chefs d’accusation,comme des meurtres, actes de torture, disparitions forcées ainsi que des traitements inhumains et dégradants, constitutifs de violations du droit international. Concernant les trois autres accusés, le parquet estime qu’en raison de leurs fonctions au sein du centre d’instruction militaire de Bossembélé, ils disposaient de l’autorité nécessaire pour empêcher ou faire cesser les exactions, ils devront être jugés comme complices.

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Date: 19 June 2026

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